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mardi, 12 juin 2018 00:00

Face à l’horreur numérique, le déni de réalité de l’Occident

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La modernité voue un véritable culte à la transition numérique, érigée en cathédrale, comme la fée Electricité au XIXe siècle ou la voiture au suivant; une divinité qui formerait assurément un chapitre posthume des Mythologies de Roland Barthes. «Il faut accepter de sacrifier certains endroits du globe pour extraire du cobalt et du lithium», déclarait mi-avril l’un de ses prophètes, un psychiatre vaudois devenu aéronaute. En plein jubilé des années 1968, peut-on encore penser librement à l’ombre d’une telle chapelle?

En 1759, le Nègre du Suriname (le Chinois ou le Congolais actuels), auquel les Hollandais ont coupé une main et une jambe, apostrophe le visiteur: «C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe.» De cette rencontre avec la réalité du mal, Candide perd toute foi en l’optimisme. En 2018, selon cet oracle médiatique, «on ne peut pas faire de l’écologie sans casser quelques œufs». Or, ceux-ci ont une couleur: jaune, et non blanche. Loin de l’ingénue compassion voltairienne, pareil cynisme teinté de racisme néo-impérialiste déroute l’historien. Dans La guerre des métaux rares, enquête retentissante de six ans, Guillaume Pitron démontre en effet comment l’Occident a transformé à son immense profit les eldorados de la croissance en apocalypses à ciel ouvert. L’auteur y allume les contre-feux du greenwashing et de la «mondialisation heureuse», et se livre à une exégèse du catéchisme énergétique.

La «tromperie» des green techs

Produits chimiques pour purifier les minerais déversés directement dans les sols, puits infestés par les rejets toxiques des usines, champs de maïs empoisonnés, pluies acides: la Chine, et ses 10?000 mines, vit à son tour de plein fouet la malédiction des terres rares. En RDC, plus de 100?000 néo-esclaves extraient dans des conditions médiévales (pelle et pioche) le cobalt révolutionnaire. Le constat est sans appel: les décideurs ont préféré un monde connecté à une planète propre et digne. Ses 8 milliards d’individus vont consommer davantage de métaux d’ici à 2050 que la centaine les ayant précédés.

  Source: letemps.ch

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