Ce site est susceptible d'enregistrer des cookies

 ScoopitTopTwitterTopFacebookTop

mercredi, 07 juin 2017 00:00

Les Français fatigués de la démocratie ? Ce qui se joue vraiment derrière le tsunami annoncé de La République En Marche aux législatives

Écrit par 

Derrière le succès annoncé de la République En Marche pour les prochaines législatives, ce qui semble se mettre en place au regard des circonscriptions de l'étranger, se cache la forte baisse des autres partis, aussi bien de droite que de gauche. Mais aussi une volonté cachée d'un mode de gouvernement par des experts.

Atlantico : Dans un sondage IFOP publié le 2 novembre 2015 par Atlantico, il apparaissait que 67% des français étaient prêts à soutenir un gouvernement technocratique, même non élu, pour faire les réformes nécessaires au pays. Le même sondage évoquait alors que pour un même objectif de réformes, 40% des Français acceptaient l'instauration d'un pouvoir autoritaire. Peut-on voir le vote en faveur de LREM comme la traduction d'une volonté d'un mode de gouvernement par des experts, et dépassant ainsi le clivage droite gauche ?

L'opposition naturelle à un tel mouvement est-elle de nature "autoritaire" ? 

Eric Deschavannes : On peut identifier deux tendances contradictoires dont la coexistence peut sembler paradoxale mais qu'il est possible d'expliquer : d'une part la demande de "démocratie participative", et d'autre part, le désir d'un chef, d'un pouvoir disposant de la vision et de l'autorité nécessaires à la conduite d'un gouvernement efficace. La défiance à l'égard des élites politiques n'a sans doute jamais été aussi grande, mais cette défiance révèle en creux une attente, le désir de pouvoir s'identifier à des hommes ou des femmes politiques auxquels on pourrait confier les clés de notre destin collectif. La défiance est alimentée par l'impuissance publique, bien sûr, qui explique sans doute le déclin des partis de gouvernement et du clivage droite/gauche, mais pas seulement. Elle est aussi l'expression de l'individualisme démocratique, lequel constitue l'un des vecteurs de cette impuissance publique et rend sans doute illusoire la perspective de restauration de l'autorité du politique. L'individualisme est en un sens un progrès : la notion vise à déigner la résultante sociologique de l'accroissement des compétences de la conscience individuelle, mieux informée, plus critique, plus indépendante à l'égard des autorités, des traditions ou des a priori idéologiques, et donc aussi plus versatile dans ses engagements. 

Cet individualisme a cependant deux traductions politiques contradictoires. Il nourrit d'abord assez logiquement le fantasme de la démocratie directe ou participative : chacun veut faire entendre sa voix et répugne à s'en remettre à l'autorité d'un autre que lui. A l'extrême, cela donne un mouvement comme Nuit Debout, où la règle est d'empêcher l'émergence d'un leader et de donner à tous un temps de parole équivalent. Le problème est qu'un tel mouvement politique est objectivement anti-politique : sans leader, sans porte-parole, un mouvement est condamné à se perdre dans les sables. La représentation est nécessaire mais est vécue comme une malédiction, d'où la volonté de "rendre le pouvoir au peuple" en éliminant les professionnels de la politique (grâce, par exemple, au tirage au sort, fantasme véhiculé notamment par le site #mavoix), ou encore la volonté d'accroître la vigilance des citoyens, à travers le demande de transparence des pratiques, l'appel à multiplier les "veilles" et les "alertes" pour mieux contrôler la classe politique.

  Source: atlantico.fr

Découvrir la suite de l'article sur le site d'origine

CPDH-Médias

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

paypal

Information

Les informations, publications et vidéos affichées sur le site du CPDH n'engagent que leurs auteurs. Dans un souci d'informations plurielles, le CPDH les présente mais décline toute responsabilité quant à leur contenu et affirme son indépendance par rapport aux sources dont elles proviennent.