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mardi, 20 février 2018 00:00

Ukraine : les dessous peu reluisants du business en plein boom des mères porteuses

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Malgré les beaux discours pour la promotion de la GPA, il faudrait ne pas oublier que les conditions de la pratique dans certains pays notamment l'Ukraine cache une réalité sociale désastreuse.

Atlantico : La BBC a produit un reportage sur la GPA en Ukraine. Concrètement, quelles réalités sociales  se cachent derrière l'image romancée que l'on essaye parfois de faire passer dans les débats en France ?

Gregor Puppinck : Derrière les grands discours et le désir d'enfant de nombreuses personnes, il y a la réalité sociale de ces femmes sollicitées. Vu d'Europe occidentale on a tendance à ignorer cette forme d'exploitation de la pauvreté de ces femmes d'Europe centrale.

Car c'est de l'exploitation de la pauvreté.

Le phénomène en soit n'a rien de nouveau et la situation sociale de ces femmes n'a elle non plus rien de nouveau. On connaît la situation de certaines femmes d'Europe de l'Est en Europe dans les cas de prostitution, de mariages arrangés… Maintenant on les voit se faire exploiter dans le cadre de la procréation. Les jeunes femmes pauvres sont souvent la cible de personnes qui ont les moyens de les exploiter.

La GPA est le prolongement de l'exploitation qu'ont connu et continueent de subir ces femmes couplé a notre égoïsme occidental. Nous préférons fermer les yeux sur cette misère sociale et avons un point de vue très cynique sur la question en se disait que "ça leur fait une ressource financière assez facile et cela satisfait notre désir d'enfants et tout le monde y trouve son compte".

A cela on va ajouter que l'on va ignorer la situation des enfants nés par GPA. Cette situation est un mélange d'exploitation de la misère, couplé à de l'égoisme occidental et une volonté commune de satisfaire à tout prix nos désirs, le tout dans le cadre d'un libéralisme débridé. En mélangeant tout cela vous obtenez la GPA.

Aude Mirkovic : La réalité sociale est toujours celle de femmes pauvres qui louent leur ventre et vendent leurs enfants à de riches commanditaires. Parfois, il s’agit même de femmes contraintes par des mafias à porter des enfants que ceux qui les exploitent vendent aux clients. Ces femmes sont retenues parfois dans ce qu’on appelle des fermes à bébés, ou ailleurs. Mais, même dans le cas où une femme serait consentante pour porter un enfant pour le compte d’autrui, le consentement réel ou supposé de la femme importe peu dès lors que le contrat est contraire à la dignité humaine : le code pénal français sanctionne les conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité humaine, quand bien même les victimes seraient satisfaites de leur sort. Que dire lorsque c’est le travail lui-même qui méconnait la dignité de la femme et, aussi, celle de l’enfant ? Le fait que le commanditaire soit le père biologique de l’enfant ne change pas la réalité qu’il achète à la mère l’abandon de l’enfant, ce qui revient à acheter l’enfant : imaginez une mère porteuse qui dirait au commanditaire : j’ai porté l’enfant, j’ai accouché, payez-moi. Non, le client, y compris s’il est le géniteur, ne paie rien tant qu’il n’a pas l’enfant : le contrat ne porte pas sur la seule gestation, prestation déjà illicite comme objet de contrat, il porte bien sur l’enfant car le client n’est satisfait qu’avec la remise de l’enfant. Bref, il est possible d’enrober tout cela de bons sentiments et de belles photos mais l’amour promis et ensuite prodigué à l’enfant ne change pas la réalité intrinsèque de la GPA, à savoir planifier un abandon en vue d’un achat d’enfant.

  Source: atlantico.fr

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