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mercredi, 11 avril 2018 00:00

Le transhumanisme, une nouvelle religion ?

Écrit par 

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » écrivait Rabelais, il y a cinq siècles, dans Pantagruel. Nul doute que l’auteur aurait été très inspiré, aujourd’hui, par le mouvement transhumaniste.

En effet, quoi de plus pantagruélique que l’appétit de ses adeptes ? Leur gloutonnerie va jusque-là : vouloir rendre l’être humain immortel, omniscient et omnipotent. Las de croquer la vie à pleines dents, les transhumanistes veulent désormais la dévorer jusqu’au trognon.

Au menu de leur banquet, qui n’a rien de platonique : le rajeunissement de nos cellules pour prolonger nos vies et même la « fin de la mort », le remplacement de nos organes par des ersatz synthétiques censés être plus efficaces, l’amélioration de nos capacités intellectuelles et cognitives grâce à des implants cérébraux, une interconnexion permanente entre les humains « augmentés » et une super intelligence centrale qui possèderait l’ensemble des connaissances de l’humanité depuis la nuit des temps et qui, de plus, répondrait à nos besoins immatériels, émotionnels et psychologiques, qui encadrerait nos activités professionnelles et financières, mais aussi nos loisirs, nos déplacements, nos relations, et qui mesurerait nos performances dans tous ces domaines… L’indigestion ? Tout dépend du point de vue. Pour ses apôtres, le transhumanisme n’est rien d’autre que la prochaine étape de l’humanité, incontournable, logique, évidente. Ce qui est certain, c’est qu’il est la prochaine étape du capitalisme et de nombreux investisseurs l’ont compris : Alphabet (Google), Microsoft et Facebook injectent des sommes colossales dans la recherche sur l’intelligence artificielle et les NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Et ces géants de la Silicon Valley ne sont pas les seuls : en Russie, en Chine et en Europe aussi, entreprises et milliardaires de tout bord investissent massivement dans ces domaines, avec toutes les questions qu’un tel engouement peut poser d’un point de vue sociétal. Ou plutôt qu’un tel engouement devrait poser car, pour le moment, les États et les citoyens sont loin de s’être emparés du sujet et c’est tout le problème. Les conséquences de ce projet de société sont innombrables, littéralement. Nous ne pouvons en mesurer la portée aujourd’hui et, surtout, nous n’en comprenons pas réellement les motivations.

  Source: iatranshumanisme.com

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